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GIS Gestes

Rêver 3

Vidéo réalisée par la classe de seconde Métiers de la sécurité du Lycée Louis Blériot (Trappes).

Le projet :

"Les gestes professionnels et les situations vécues par les élèves pendant leurs cours et leurs stages deviennent une passerelle qui relie la réalité aux univers oniriques. Se déplaçant dans différents mondes qu'ils auront imaginés, les élèves se rendront compte qu'une lance à incendie peut devenir un gigantesque serpent, une alerte radio peut être l'occasion d'un contact extra-terrestre...
Le projet d'écriture est un ensemble de scenarii qui exploreront les univers de la science-fiction, de la fantasy, de la dystopie et bien d'autres encore."

La note de lecture de Serge Volkoff

Jouer la sécurité…

Pendant juste quelques semaines, le temps d’un travail de création, ils et elles auront été gendarme/pistolero, brigadier∙e /paladin, enquêtrice/coquette ou détective/joueur de poker. De quoi entremêler leur possible avenir professionnel avec des héros de leur enfance, des images courantes sur les métiers de la sécurité, des aventures imaginaires et les vraies connaissances acquises au lycée, dans un étonnant petit film, grave et drôle.

Drôle, oui, car le danger, le conflit, la responsabilité, sont abordés ici dans une tonalité malicieuse. On jurerait que ces adolescent∙e∙s (en classe de 2de) s’autorisent encore, durant leurs années d’études, à sourire de tout cela, avant d’aborder des réalités parfois rudes avec tout le sérieux requis. Or on se tromperait en partie car, comme dans tous les métiers à risque, la blague pourrait bien rester une composante indispensable de leur vie de policier∙e, pompier∙e ou vigile : « le recours à la dédramatisation ou aux jeux et plaisanteries permet de se préparer psychologiquement, mais aussi techniquement, à faire face à des situations difficiles[1] ».

Il leur faudra pourtant, en toutes circonstances, et même en se confrontant pour la première fois à une situation tendue ou périlleuse, s’attacher à une « construction symbolique de la force » en rejetant à l’arrière-plan leurs fragilités personnelles. Peut-être même que ces situations difficiles seront à la fois redoutées et convoitées, ces « belles affaires » qui rompent avec l’ennui et la routine.

En rêvant, devant la caméra, de plusieurs « belles affaires », tout en les tenant à distance par leur humour et leur fantaisie, on a bien l’impression que ces jeunes gens ont façonné une jolie pièce de leur initiation au métier.

[1] Cette citation, comme celles qui suivent, est extraite d’un article de Marc Loriol, Valérie Boussard et Sandrine Caroly, « La résistance à la psychologisation des difficultés au travail. Le cas des policiers de voie publique ». Actes de la Recherche en Sciences Sociales n°165, 2006