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GIS Gestes

La voix

La voix

Chapitre 1 : l’accident

  Fais-le ! Maintenant !

Après le premier avertissement, un coup part. Le deuxième sort tout seul. Et je vois le corps du jeune homme qui s’effondre à mes pieds. Je m’approche du jeune homme, agonisant sous mes yeux.

C’est bien, Rudy.

Il doit avoir environ 16 ans.

Étant complètement sonné par les coups de feu que j’ai tirés, par les cris de jeunes observant la scène et les sirènes de police, je ne sais plus où je suis, qui je suis, ni ce que je suis en train de faire.

Tu as fait le bon choix, Rudy.

J’entends les sirènes des voitures de mes collègues qui arrivent en renfort. Je sens une main brusque m’arracher à cette affreuse scène de crime.

 

Chapitre 2 : la déposition

 Au commissariat de Draveil, je fais ma déposition tout en rejetant la faute sur le jeune homme que j’ai tué, en expliquant que c’est de sa faute si le drame est arrivé. Il a provoqué la police en les insultant.

 Nie les faits, Rudy.

Lui et ses amis chahutaient, dégradaient, se moquaient de la police et m’ont jeté des projectiles en pleine tête donc j’ai sorti mon arme pour riposter et je l’ai tué. J’ai réfléchi à mon acte cette nuit mais en y repensant je n’ai fait que mon métier. Des remords ?

Pas du tout, Rudy ! Et puis on t’a dit de le faire donc tu as obéi sans contester.

Qui me l’a dit ? Dans le feu de l’action je n’ai pas réussi à distinguer la voix mais cette voix m’est familière. Quand j’ai tiré la première fois j’ai senti cette odeur de poudre qui sortait de mon arme et ce bruit métallique si satisfaisant à mon oreille. Croyez-vous que je suis fou…?

 

Chapitre 3 : L’appel

Enfin arrivé chez moi dans mon petit appartement, le papier peint arraché, sûrement à cause de moi, les volets fermés. Je vis seul, mon ex compagne ne supportait plus mon caractère et disait que j’étais violent, pourtant je suis quelqu’un de relativement doux et attentionné. Je vais appeler Hector, mon ami, pour qu’il m’aide à propos de la voix que j’entends.

 

Ne l’appelle pas, Rudy je suis ton seul ami, les autres ne te comprennent pas !

Je vais le faire et tu ne peux rien contre ça. Le téléphone sonne, Hector répond :

« Allô ?

-C’est moi Rudy, j’ai besoin de te parler.

-Dis-moi, je t’écoute.

-J’ai une voix dans ma tête qui me donne de mauvaises choses à faire, c’est à cause d’elle si j’ai abattu le jeune homme. Elle prend de la place dans mon esprit, il y a des nuits où je ne dors pas, elle me parle tout le temps.

-Tu as parlé à un médecin ?

-Oui, il m’a prescrit des médocs, mais il ne comprend pas mon problème.

-Essaie les médicaments, ça ira mieux dans quelques temps, bon je te laisse je suis un peu occupé, à plus tard mec.

-Attends tu ne comprends... »

Il a raccroché je n’ai même pas eu le temps de lui expliquer.

Je te l’avais dit Rudy, il n’y a que moi qui te comprend. Laisse les autres te prendre pour un fou je suis là pour toi, je ne veux que ton bien mon ami.

Menteur ! Tu m’as poussé à tuer ce garçon, sors de mon esprit ! Tu ne veux pas mon bonheur tu ne sèmes que terreur et désolation.

Cela fait maintenant des heures que je suis sur mon canapé, seul, en conversation avec moi-même. Suis-je une bonne personne ? Ai-je fait les bons choix ? Suis-je coupable ?

Cette question me hante depuis que je suis rentré chez moi.

16h30, il est temps de sortir de mon canapé, d’aller chercher des médicaments à la pharmacie.

 

Chapitre 4 : La descente aux enfers

 Après dix minutes de marche me rapprochant du centre-ville, je me retrouve devant la pharmacie, quand vient mon tour, la pharmacienne me demande ce dont j’ai besoin :

« -Bonjour je voudrais deux boites d’anti-dépresseurs s’il vous plaît.

Va-t’en Rudy, tu perds ton temps, il ne te donnera rien !

 -Bonjour, oui bien sûr, puis-je avoir votre ordonnance ?

-Je n’en ai pas, c’est grave ?

-Désole monsieur mais sans ordonnance ça ne va pas être possible.

-Pas grave je reviendrai la prochaine fois. »

Je me rends alors chez l’épicier du coin pour prendre une bouteille l’alcool, histoire d’oublier tous les événements précédents.

Il est 1h30 du matin et je viens de finir la bouteille de vodka.

Je me repasse la même scène en boucle dans ma tête et me demande à chaque fois ce que j’aurais pu faire différemment.

Je regarde ma montre, 2h15. Si j’avais pu retenir mon geste…Malheureusement je ne contrôle pas mon corps à chaque fois, je perds le contrôle et les conséquences qui suivent sont dramatiques.

3h du matin. Je n’en peux plus. Le poids de ce fardeau resté sur mes épaules devient insoutenable, pour une fois elle a raison… je regarde la fenêtre entrouverte face à moi…

tu sais ce qu’ il te reste à faire.

Première professionnelle métiers de la sécurité

Lycée professionnel Nadar - DRAVEIL